"D'accord, tu t'en fout d'moi c'est ca?"
Affirmatif.
Badadadam. Tchak pif paf boum. Je descends les marches des escaliers, d'un pas lourd. Je prends mon sac au passage, je salue ma mère de deux-trois mots et claque la porte.
La rue est illuminée, le soleil semble me narguer. Je m'allume une Camel, qui n'attendait plus que ça.
Je continue à marcher, pas vraiment droit et pas vraiment d'travers. Je me laisse tomber sur le trottoir, les voitures passent, et les gens regardent cette fille, qui laisse échapper des grimaces en composant un numéro. 1,2,3 appels et Ba' ne répond pas. Je la voit dans 10 minutes, mais je dois lui parler,là maintenant.
Sofia elle, décroche de sa voix enjouée au bout de 4 sonneries. J'éclate en sanglots, "exploser" serait peut-être le mot approprié.J'essaye de lui expliquer par bribes de phrases. Elle essaye de me réconforter, elle me dit que tout s'arrangera, comme d'habitude, qu'elle ne La connait pas mais elle sait qu'elle me reparlera... Je continue à chialer, comme j'avais pas chialé depuis le CE1, et j'appercois Ba' qui s'avance, se figeant en voyant ma vieille gueule toute mouillée et mon crayon noir qui s'est barré. Je salue Sofia, avec un "merci" volé, et je plonge dans les bras de ma meilleure amie, l'ultime, qui tente de comprendre. Je recule inconsciemment vers la route, comme ivre de tristesse, et manque de me faire écrabouiller par un bus qui klaxonne violemment. On continue le chemin pour chez Alexis, je n'sais pas si c'est une bonne idée qu'il me voit comme ca après 1 mois d'abcense. Les mots s'envolent, le réconfort arrive à peine à mes oreilles, j'essuie avec dégout les larmes qui coulent encore sur mes joues.
Sans même qu'on ait sonné, Alexis ouvre sa porte, laissant passer sa petite bouille toute bouclée . Un, deux et trois bisoux à celui qui me manquait, qui a fait le quasi tour du monde pendant que moi, j'étais clouée chez moi à écouter les Doors.
On regarde un film pourrave, c'était fait exprès, censé me faire un peu oublier. Il m'amène une tasse de café bien chaud et une tablette de chocolat sur un plateau, accompagné d'un sourire.
Pendant ces instants, qu'est ce que j'étais bien.
Sarah, - comment dire ca? j'arrive pas à m'y faire - après 6 jours avec moi 24/24h, me fout ça à la gueule, comme ca. Elle m'a fait 2 fois la gueule pendant le séjour, pour des raisons merdiques - douche de 20 min et ma permission à Julie d'aller dans notre chambre taxer 1 clope- , mais je ne lui en voulais pas, si on oubliait et si elle n'y refesait pas allusion, tout allait bien.
Je pige pas, elle m'a fait souffrir, elle m'a fait vivre des heures de noir quand elle ne me parlait pas, j'étais prête à oublier, à pardonner, et c'est elle qui vient me foutre ça à la gueule... Comme si c'était moi. Comme si c'était moi qui lui avait fait du mal; à chaque fois je voulais la résonner, lui dire que c'était con, que si on s'aimait ce genre de conneries n'avaient vraiment rien,rien à foutre dans notre amitié. Mais elle continuait à parler si agressivement que ca m'effrayait, j'ai l'impression que c'était une toute autre personne et je me disais " mais qu'est ce que je fout avec elle?"
Regarde, Sarah. Tu as fait chialer ton "amie" toute la journée, j'ai passé énormément de temps au telephone avec Sofia parce que j'étais désesperée, qu'on essayait de trouver une solution. Pas une solution pour résoudre le problème, mais la meilleure façon de te faire comprendre que t'as pas été bien, avec moi. Que ca fait plusieurs fois que tu me fais l'coup de "j'te parlerai plus jamais,c'est fini" et que tu revenais me dire "je t'aime" un beau jour, comme si tout allait bien. Je t'ai excusée à chaque fois, mais là ... j'en peux plus, j'dirais. Les amis c'est pas un va et vient, j'te parle quand j'veux.
A la base les amis c'est censé te réconforter dans les moments dur -comme Ba' et Sofia le font pour moi en ce moment -, t'aider à mieux aimer la vie, à la supporter d'une facon ou d'une autre, à te faire passer du bon temps, à se marrer et à parler,.. Enfin j'ai pas besoin de te faire des lecons. Toutes ces choses (et encore pleins d'autres) on les a faites ensemble, et j'ai passé des moments plein de sincérité et de confidences avec toi, t'es peut-être celle à qui j'ai le plus parlé de moi, avec qui j'ai eu le plus de conversations pas mauvaises à s'en souvenir.
Mais c'est facile de m'faire pleurer et de revenir me dire "Je t'aime, désolée pour mon sale caractère".